Bilan de la rentrée : Suis-je encore en mode automatique ?

La rentrée est passée. Mais comment vivez-vous réellement ce nouveau rythme ?

Après l’effervescence des premiers jours, c’est parfois maintenant que l’on commence à sentir ce que ce changement nous demande : fatigue, nouvelles contraintes, organisation, reprise du travail, des activités… et parfois cette sensation de fonctionner en « mode automatique ».

C’est à dire, qu’avec le changement de rythme et le retour des contraintes du quotidien,  il peut devenir difficile de rester connecté·e à soi-même, à ses besoins et à ses envies.

Dans cet article, je vous propose de faire le point sur cette période : où en êtes-vous aujourd’hui ? Avez-vous réussi à vivre cette rentrée sereinement ? Avez-vous pu vous adapter aux contraintes de votre environnement sans vous couper de vous-même ?

Et si cette période a été plus difficile que prévu, je vous propose quelques pistes de réflexion pour prendre le temps d’observer ce que cette rentrée vient mobiliser en vous.

1. La rentrée : quand notre rythme change

Nous effectuons une transition assez radicale entre deux temporalités : celle des vacances et celle du quotidien. Nous passons d’une vie avec moins de contraintes à une vie rythmée par des horaires, des obligations et un rythme plus structuré. Il faut alors s’adapter, retrouver ses repères et reprendre un quotidien parfois bien rempli.

Et parfois, nous avons l’impression de passer en « mode automatique ». Nous perdons peu à peu de vue la détente des vacances, la connexion à nous-mêmes, à nos envies et au plaisir. Comme si, dans le rythme effréné de la rentrée, nous revenions rapidement à ce qu’il « faut » faire, au détriment de ce dont nous avons besoin.

Car plusieurs choses se jouent à ce moment-là. Bien sûr, il y a la rentrée des enfants, le retour au travail, la reprise des activités… Mais il y a aussi l’envie de bien faire, de mettre en place de nouvelles résolutions, de repartir sur de bonnes bases, et peut-être même d’être un peu parfait·e. Ce changement de rythme peut alors générer de la fatigue, de la tension, de la frustration, mais aussi de l’excitation ou de la résistance. Et c’est bien normal.

Retrouver un nouvel équilibre ne se fait pas forcément en quelques jours. Il faut parfois un temps d’ajustement pour que ce nouveau rythme devienne réellement le nôtre.

Alors, une question émerge : comment pouvons-nous nous adapter à ce nouveau rythme tout en restant en accord avec nous-mêmes ? Comment réintroduire de la douceur au cœur des contraintes et des obligations ?

C’est précisément là que se situe l’un des enjeux de la rentrée : non pas simplement réussir à « tenir » la cadence, mais apprendre à l’habiter sans perdre le contact avec soi.

2. S’adapter, oui… mais sans s’oublier

Nous nous adaptons tous les jours.
À nos horaires, à nos enfants, à notre travail, aux imprévus, aux attentes des autres, aux contraintes de la vie quotidienne. Et heureusement, c’est une compétence nécessaire. Mais parfois, nous nous adaptons tellement bien que nous finissons par nous oublier. 

Et quelque part en chemin, une question peut disparaître : Et moi, dans tout ça, comment est-ce que je vais ?

En Gestalt, on parle de deux types d’ajustement.
L’ajustement créateur nous permet d’être dans le présent, de composer avec les contraintes de la vie tout en restant en contact avec ce qui est juste pour nous. L’ajustement limitant, lui, peut nous aider à tenir, à avancer, à « faire ce qu’il faut »… mais parfois au prix d’une coupure avec nous-mêmes.

S’adapter à son environnement est nécessaire. C’est même l’une des grandes capacités qui nous a permis, en tant qu’espèce, de survivre et d’évoluer. La question n’est donc pas : « Est-ce que je dois m’adapter ? »

Bien sûr que oui.

La question est plutôt : « Comment est-ce que je m’adapte ? »

Est-ce que je reste en contact avec moi-même, avec mes besoins et mes envies ? Ou est-ce que je me coupe de ce que je ressens pour réussir à tenir le rythme, répondre aux attentes et faire face aux obligations ?

3. « Je dois », « Il faut », « J’ai besoin » : écouter son discours intérieur

Pour mieux comprendre la manière dont nous nous ajustons, je vous invite à porter attention aux mots que vous employez au quotidien.

Dans notre discours intérieur, trois registres se croisent souvent :

  1. Les « je dois », qui renvoient aux obligations réelles et extérieures : reprendre le travail, gérer la logistique, respecter les horaires, accompagner les enfants…
  2. Les « il faut », qui traduisent davantage nos exigences internes et nos introjects. C’est cette voix qui souffle : « Il faut que je reprenne le sport, que je mange mieux, que je sois organisé·e et efficace… voire parfait·e. »
  3. Les « j’ai besoin », qui nous donnent accès à une autre dimension de l’expérience : ce qui nous manque, ce qui nous nourrit, ce qui nous ressource, ce qui nous attire ou ce qui cherche à émerger.

Ces trois dimensions coexistent plus ou moins en harmonie en vous. 

La rentrée est une période charnière où se côtoient à la fois des obligations, une envie de repartir sur de bonnes bases, mais aussi des besoins. Et parfois, on se perd. On laisse les « je dois » se confondre avec les « il faut ».
Et parfois, dans ce brouhaha intérieur, la question « De quoi ai-je besoin ? » devient difficile à entendre.

Et si vous faisiez le test ?

Pendant une journée, écoutez simplement les petites phrases qui traversent votre tête.
« Il faut que je… »
« Je dois… »
« Je n’ai pas le temps de… »
« J’aimerais bien, mais… »
« En réalité, j’aurais besoin de… »
Sans chercher à les modifier, observez-les.

Quelle voix parle le plus fort ? Et laquelle avez-vous le plus de mal à entendre ?

4. Revenir à ce qui se passe ici et maintenant

Peut-être avez-vous identifié que vous êtes en « mode automatique ». Vous avez repéré vos « je dois », vos « il faut » et commencé à identifier vos besoins. Mais il reste une étape : prendre le temps de vous arrêter et d’observer ce qui se passe réellement en vous, ici et maintenant.

Alors, essayez simplement de vous arrêter quelques instants.

Posez ce que vous êtes en train de faire.
Respirez.
Et observez.

Qu’est-ce qui est là, aujourd’hui ?

Il ne s’agit pas nécessairement de trouver une réponse immédiatement.
Parfois, nous avons tellement l’habitude d’enchaîner les actions, de chercher des solutions ou de répondre aux attentes que nous ne prenons même plus le temps de remarquer ce qui se passe en nous.

Alors, essayez de faire une pause mentale et de revenir dans votre corps.
Le corps peut parfois nous donner des informations que notre mental laisse de côté.

Une tension, une respiration qui se bloque, une sensation d’ouverture, un élan, une envie de reculer… Autant de choses que nous pouvons apprendre à observer, sans chercher immédiatement à leur donner une explication.

Essayez simplement de retrouver du contact avec vos ressentis, vos émotions et votre expérience.

Et parfois, simplement constater ce qui est là permet déjà de regarder autrement ce que l’on vit.
Sortir du mode automatique ne commence donc pas forcément par une grande décision ou un bouleversement du quotidien.

Cela peut commencer beaucoup plus simplement : s’arrêter quelques instants, remarquer ce qui se passe en vous et accueillir ce constat avant de repartir dans l’action.

5. Retrouver de la place pour le plaisir et la spontanéité

Et maintenant que vous avez pris le temps d’observer ce qui se passe en vous, une autre question peut se poser : qu’est-ce qui vous fait du bien ?

Avant d’aller plus loin, j’aimerais revenir sur les notions de plaisir et de spontanéité. Car nous n’en avons pas forcément tous la même représentation.

Le plaisir n’est pas nécessairement synonyme de sortie, d’activité ou de moment exceptionnel. Il peut aussi être très simple : ralentir, rester chez soi, regarder une série, prendre le temps de cuisiner, écouter de la musique, aller marcher, ne rien prévoir… Et parfois, la spontanéité consiste simplement à se laisser le droit de changer de programme parce qu’aujourd’hui, on n’en a pas envie.

Peut-être avez-vous besoin de sortir, de voir du monde, de bouger, de faire du sport, de rire.
Ou peut-être avez-vous besoin de rentrer chez vous, de vous poser, de regarder une série et de ne rien faire de plus. Il n’y a pas de bonne réponse.

Le plaisir ne consiste pas à faire davantage de choses agréables. Il peut aussi consister à faire moins, lorsque c’est ce qui nous convient.

Revenir à soi, c’est pouvoir être suffisamment présent·e à ce que l’on vit pour sentir ce dont on a besoin et, lorsque c’est possible, ajuster la manière dont on y répond.

6. Conclusion : et si réussir sa rentrée, c’était simplement trouver son propre rythme plutôt que le plus optimal ?

Peut-être l’avez-vous compris au fil de cet article : il n’existe pas une seule bonne manière de vivre sa rentrée.

Nous sommes tous différents. Notre manière d’appréhender les changements, nos contraintes, nos besoins et notre façon de nous adapter ne sont pas les mêmes.

Alors, peut-être que l’enjeu n’est donc pas de réussir parfaitement sa rentrée, mais de trouver un équilibre qui nous convient aujourd’hui. Et cet équilibre peut être différent d’une personne à l’autre. Il peut aussi évoluer au fil des semaines.

Et si, malgré vos tentatives, vous avez le sentiment de ne plus réussir à retrouver ce contact avec vous-même, si le mode automatique perdure ou si vous ne parvenez plus à entendre vos besoins, vous n’avez pas forcément à trouver seul·e comment en sortir.

C’est aussi ce qui peut se travailler en thérapie : prendre le temps de s’arrêter, d’observer ce qui se passe en soi et de retrouver progressivement un contact plus vivant avec son expérience, ses besoins et ses envies.

Si je peux être cette personne ressource pour vous accompagner dans ce chemin, ce serait un plaisir de vous rencontrer.

Belle journée à vous, et prenez soin de vous 🌿

Gestaltement vôtre,
Héloïse

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